Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

Startup d’État: mettre en capacité les intra-preneurs pour valoriser de nouveaux modes de faire

Ces idées se traduisent de manière concrète dans de nouvelles façons de rendre des services au public. C’est ce qu’ont fait les équipes d’Etalab en concevant et déployant des pistes d’innovations originales et stimulantes pour s’attaquer aux “irritants” administratifs qui gênent la vie des usagers. La méthode “Startup d’État” a été inventée pour répondre à ces problèmes. Une Startup d’État, c’est un assemblage temporaire de développeurs et d’agents publics, en charge de régler le problème, ou pas, en activant tous les leviers du numérique. Par exemple dans le champ de la mobilité, la plateforme le.taxi est le résultat d’une telle démarche, et fournit gratuitement aux sociétés de taxis un registre centralisant les données de géolocalisation et de disponibilité des véhicules, afin de permettre aux taxis de rivaliser avec les acteurs majeurs du VTC en pratiquant eux aussi la maraude électronique. Autre exemple, “La Bonne Boîte”, a pour mission de rendre visibles les offres d’emploi qui passent à travers les filets de Pôle Emploi, en analysant les recrutements passés, et en repé- rant, via un accès aux fichiers de l’Ursaff qui centralisent les déclarations d’embauche, les entreprises qui recrutent. Enfin, alors que 40 % des personnes qui ont droit au revenu de solidarité active (RSA) n’y ont pas recours du fait de la complexité des démarches, illustrant bien les limites d’exécution des mesures, une autre startup d’État, “Mesaides”, qui rencontre elle aussi un certain succès, notamment auprès de tous les média teurs en contact avec les publics cibles, a développé un questionnaire en ligne rapide pour identifier les aides qui vous sont accessibles. Ce qui est nouveau, dans l’approche, estiment les responsables d’Etalab, ce n’est pas la technologie, c’est d’imaginer des équipes responsables de bout en bout de services publics. L’enjeu est organisationnel car « il n’y aura pas de transformation digitale à organisation constante » et il faut un espace pour innover. C’est ce que permettent les startups d’État, avec leurs petites équipes dédiées et leur financement propre. L’enjeu est qu’elles produisent des ressources utilisables par d’autres, notamment sous forme d’API, de services web, qui sont un moyen d’initier de nouvelles formes de partenariats public-privé plus simples, « à vocation diffuse » permettant à des services tiers d’utiliser les services produits par les start-up d’État. À terme, l’enjeu est de développer un réseau d’incubateurs publics qui partagent les mêmes valeurs, même s’ils sont opérés par différentes administrations, et qui permettent aux agents publics d’entreprendre. Et la méthode Etalab47 fait école. Le ministère des Affaires sociales a passé au printemps 2017 une convention avec le SGMAP pour que ce dernier l’accompagne dans la mise en place de démarches innovantes jusqu’à la création de leur propre incubateur. Ces initiatives d’accompagnement et d’accélé- ration de projet s’inscrivent également dans la mutation des acteurs locaux : la démarche de Startup de Ville commence à arriver dans les collectivités territoriales, à Paris ou dans le Nord Pas de Calais.

Les commentaires sont fermés.